Chine – États-Unis Good by Taïwan ?
Ce 11 février 2024,dans un article manifestement destiné aux experts de l’US Department of Defense, le site internet chinois Sohu a dévoilé les capacités anti-navires de « l’ennemi juré des porte-avions », le missiles Dongfeng-26 doté d’une têtes manœuvrante conventionnelle1.
Voilà des années que les missiles Dongfeng-26 étaient déclarés redoutables par leurs têtes manœuvrantes qui peuvent rejoindre et frapper les navires d’une flotte assaillante. La figure suivante décrit comment peut évoluer leur trajectoire en rentrée.

Des têtes qui depuis des années sont l’objet de tous les soins , son volume, la forme des gouvernes témoignent une maîtrise réelle de l’aérodynamique à grande vitesse.
Jusqu’à présent l’accent était mis sur les capacités nucléaires du Dongfeng-26, les têtes s’accommodaient d’une précision réduite. Ici ce sont des systèmes à charge conventionnelle qui sont mis en avant. Guidées par le système Beidou, l’équivalent chinois du GPS, les têtes doivent donc aller jusqu’à l’impact après avoir déjoué les systèmes de défense des navires. Selon l’article, elles seraient dotées d’aides à la pénétration notamment de système de brouillage des radars. De plus, dans les tous derniers instants, l’angle de frappe qui maximisera les dommages sur la cible visée devrait être calculé par un ordinateur de haute technologie et la tête réorientée en conséquence.
Il est en outre indiqué que les missiles DG-26 qui en sont porteurs ont vocation à être basés à terre en silo pour être à même de réaliser des tir surprise qui prendront de court l’ennemi. Il y a donc lieu de croire que les 300 silos regroupés dans les trois sites de Yumen, d’Hami et d’ Ordos dans la province de Guangzhou au nord-ouest de la Chine leur soit en grande partie réservés.

Les missiles Dongfeng-26 sont-ils vraiment dotés des capacités que leur prête l’état-major chinois : être tiré en salve pour saturer les défenses, manœuvrer jusqu’à l’impact et optimiser les dommages ? La question est ouverte et dépend non seulement des caractéristiques propres des systèmes DF-26 à charges conventionnelles mais aussi des capacités de défense des navires américains..

Si les prétentions chinoises se trouvaient confirmées, la Chine serait à même de neutraliser une flotte aventurée. A supposer que cela soit avéré, une flotte dépêchée au secours de Taiwan pourrait se trouver arrêtée sans qu’il soit nécessaire de franchir le seuil nucléaire. Voilà une perspective désastreuse à suivre.
Edouard Valensi, Asie21
(1) 中国航母克星亮相, Le tueur chinois de porte-avions dévoilé, sohu.com, 11/02/2024